jeudi 6 juillet 2017

Journal d'un dessinateur / Diario de un dibujante



Dans les petits carnets: Version honnête d'une illustration pour Le Monde. Précisions concernant les modalités de la commande de ladite illustration. /// En los cuadernitos: versión honesta de una ilustración para Le Monde. Precisiones acerca de la modalidad del pedido de dicha ilustración.
Une (rassurante) petite chaise de vendredi, minuit passée, en mai. Noté au verso: Si j'étais courageux, je dessinerai de natures mortes. /// Una (tranquilizadora) sillita de viernes pasada la medianoche. Anotado al verso: Si tuviera coraje, dibujaría naturalezas muertas.


Même à quarante ans (à quarante trois ans), l'enfant a encore des réclamations à faire. C'est l'intérêt de cette section du carnet: Enfant, rayon plaintes. /// Aún a cuarenta años (a cuarenta y tres), el niño hace reclamos todavía. A eso que está dedicada esta sección del cuaderno.


Francis Bacon: "Mon impulsion est ma vie, mon impulsion est que je suis un vieillard, mais profondément optimiste… à propos de rien. Exister aujourd'hui me rend optimiste. Mais je suis un optimiste à propos de rien."
/// Francis Bacon: "Mi impulso es mi propia vida, mi impulso es que yo soy un anciano, pero profundamente optimista... sin razón. Existir hoy me vuelve optimista. Pero soy un optimista sin razón precisa."



Note de mercredi: un couple de sans abris qui dort devant le parc Martin Luther King à Paris. L'homme ronfle déjà, tandis que la femme se gratte la tête, réfléchit et cherche le sommeil.
Dessin: Saint-Georges et le Dragon, version de minuit.


Augusto Roa Bastos : "Je ne peux pas écrire quand j'ai envie. Je n'écris que pour éclaircir mes propres énigmes, voilà pourquoi je ne suis pas un écrivain professionnel. Un écrivain qui publie un livre par an. Comment pourrais-je? La littérature est une activité anormale, presque pathologique. Et je ne peux pas organiser cette maladie. Je sais qu'elle vient parfois, qu'elle s'en va parfois. Je ne sais rien de plus. Je ne sais pas si j'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire, ou si je n'ai même pas commencé à le dire. La vie ressemble en cela à la pratique artistique. Ainsi, peut-être, on ne saura jamais si la vie est ce qu'on vit ou ce qu'on meurt."
/// Augusto Roa Bastos : "Yo no puedo escribir cuando quiero. Sólo escribo para aclarar mis propios enigmas, por eso no soy un escritor profesional. Un escritor que publica un libro por año. ¿Cómo podría? La literatura es una actividad anormal, casi patológica. Y no puedo periodizar esa enfermedad. Sé que a veces viene, sé que a veces se va. No sé más nada. No sé si ya he dicho todo lo que tenía que decir, o si ni siquiera he empezado a decirlo. Por eso la vida es parecida a la actividad artística. Por eso, tal vez, nunca se sabe si la vida es lo que se vive o lo que se muere."



Rêve de vendredi: [Ricardo] Piglia vient à la maison (une maison d'enfance, inhabitée) tout pressé, il a un avion à prendre. Il installe des ordinateurs portables et va et vient entre eux: la connexion internet est lente et cela le rend plus nerveux encore. Et quels bons films as-tu vu, dernièrement?, lui demandais-je. Ben, il y a la série des... (je ne comprenais pas). Eh? La série de Ace Ventura, disait-il. J'aime beaucoup ça.


Henri Michaux: "Je me jette furieux sur le papier et le massacre de ratures jusqu'à ce qu'en sorte une horrible figure désolée qui en cent toiles et en dix ans a fini par me faire reconnaître pour peintre."
/// Henri Michaux: "Me tiro furioso sobre el papel y lo estropeo de rayas y tachones hasta que salga una suerte de horrible figura lamentable que en cien telas y en diez años a terminado por hacerme reconocer como pintor."


André François: "On me demande de parler sur le dessin... D'accord, mais c'est comme devoir parler d'un bras! J'ai un bras gauche et un bras droit, ils existent et je ne pourrait vivre sans. C'est tout ce que peux dire."
 /// André François: "Me piden que hable sobre el dibujo... Está bien, ¡pero es como tener que hablar de un brazo! Tengo un brazo izquierdo y un brazo  derecho, los dos existen, y no podría vivir sin ellos. Es todo lo que puedo decir."




3 commentaires:

  1. Anonyme6:48 PM

    Hombre, no puedo menos que manifestarle mis aplausos. Una belleza ese diario que ha puesto usted en el blog. Aguanten el miércoles y el sábado. Un saludo desde el país del río plateado.

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  2. Hombre del país del rîo plateado, un abrazo desde el pais del rio marroncito (o verdolaga).

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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