
Un dessinateur remarque un dessin dans le journal Le Temps: il reconnaît son style, le sujet lui est vaguement familier, sa main semble même se rappeler de quelques traits. Néanmoins le dessin est signé Klejman. Perplexe, dans une gare de province il se dépêche au tabac presse et achète Le Temps, chose qui ne lui était jamais arrivé auparavant.
Le dessin occupe une place prépondérante sur la page, le dessinateur est fier de son travail, mais en bas du dessin, il y a toujours ce Klejman.
Klejman ? s’insurge le dessinateur, Klejman ? Mais il est à moi ce dessin!, à moi !
Plusieurs voyageurs le regardent étonnés. Quelques uns lisent ce même journal. Il peut voir son dessin par transparence.
Le dessin représente un quai brumeux et sombre, et l’arrivé d’un train, un train aussi sombre et immense que la gare, et dont la locomotive n’est autre chose que le monumental visage de Klejman, d'un Klejman pris d'effroi, hurlant dans l'obscurité.
Le dessinateur se souvient maintenant: ce dessin n’était pas achevé, ce n’était qu’une ébauche. Klejman a du le finir en cachette, se dit-il, en marchant sur le quai, gagné soudainement par la rancoeur. Puis, quelle idée d'aller publier au Temps!
Protégeant sa tête avec le journal en question (il s’était mis à pleuvoir), le dessinateur attend. La brume assombrit le quai. Il entend enfin le sifflement de son train au loin.
...
Le dessin occupe une place prépondérante sur la page, le dessinateur est fier de son travail, mais en bas du dessin, il y a toujours ce Klejman.
Klejman ? s’insurge le dessinateur, Klejman ? Mais il est à moi ce dessin!, à moi !
Plusieurs voyageurs le regardent étonnés. Quelques uns lisent ce même journal. Il peut voir son dessin par transparence.
Le dessin représente un quai brumeux et sombre, et l’arrivé d’un train, un train aussi sombre et immense que la gare, et dont la locomotive n’est autre chose que le monumental visage de Klejman, d'un Klejman pris d'effroi, hurlant dans l'obscurité.
Le dessinateur se souvient maintenant: ce dessin n’était pas achevé, ce n’était qu’une ébauche. Klejman a du le finir en cachette, se dit-il, en marchant sur le quai, gagné soudainement par la rancoeur. Puis, quelle idée d'aller publier au Temps!
Protégeant sa tête avec le journal en question (il s’était mis à pleuvoir), le dessinateur attend. La brume assombrit le quai. Il entend enfin le sifflement de son train au loin.
...
2 commentaires:
En tout cas, ce dessin, je veux qu'il soit de vous! Il est magnifique, sombre, fouillé... J'adore... Quel talent vous avez...
Klejman des fois il est insaisissable, mais il faut lui reconnaître aussi sa part.
Enregistrer un commentaire