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vendredi 30 décembre 2016

Monument à l'inutile / Monumento a lo inútil



Je ne vous souhaite rien de bon ni de mauvais pour 2017, ni argent, ni bonheur, ni malheur ni pauvreté: pas la peine de s'exciter. Ou plutôt oui, je vous souhaite d'être inutile au monde, je vous souhaite de la lenteur, de l'attente, et beaucoup d'intrinquilitémais surtout je vous souhaite une année sous le signe de l'Humide. Que peut-on demander de plus, pour 2017.
/// Para 2017 no les deseo nada bueno ni malo, ni dinero, ni felicidad, ni desgracias, ni pobreza: no vale la pena excitarse. O si, les deseo ser perfectamente inútiles al mundo, les deseo lentitud, espera, mucha intranquilidad, pero sobre todo les deseo un año bajo el signo de lo Húmedo. Qué mas se puede pedir, para el 2017.

jeudi 22 décembre 2016

Monument au géomètre inconnu.


"Mon père, géomètre de l'Empire, qui connaissait nombre d'archives, m'a donné, il y a environ quarante ans, une rame entière de cartes du cadastre autrichien: le verso vierge de ces plans a presque été, pendant plus d'une trentaine d'années, le seul support sur lequel j'ai travaillé. J'avais fini par tellement m'habituer à la singularité de ce papier vieux de plus de cent ans, parcheminé mais intact, que, quand il a commencé à s'épuiser, j'ai dû l'économiser. Par bonheur des amis m'ont procuré le reste du papier d'une usine en faillite, pas aussi idéalement résistant, mais absorbant par contre l'encre de Chine au point que le dessin finissait par se confondre littéralement avec le support. "
Alfred Kubin,  
Le travail du dessinateur.

/// Monumento al Topógrafo desconocido.
"Mi padre, topógrafo del Imperio, que conocía numerosos archivos, me dió, hace casi cuarenta años, una resma completa de mapas del cadastro austríaco: el reverso vírgen de esos mapas ha sido durante más de treinta años, el único soporte sobre el que he trabajado. Me había acostumbrado tanto a la singularidad de ese papel viejo de más de cien años, apergaminado pero intacto, que, cuando comenzó a agotarse, tuve que ahorrarlo. Por suerte amigos cercanos me procuraron el resto de papel de una fábrica en quiebra, no tan idealmente resistente, pero que absorbe la tinta China de una manera que termina literalmente confundiéndose con el papel."
Alfred Kubin,
El trabajo del dibujante.

mercredi 18 février 2015

Vieux démons de la classe moyènne


Vieux démons de la classe moyenne
"Et donc tout ce qu'il avait fait dans la vie il l'avait fait pour qu'on l'appelle "monsieur". Et donc il économisa de l'argent et ouvrit une quincaillerie. On ne vivait qu'une seule fois et il ne s'était pas si mal débrouillé. Non monsieur. Dehors, dans la rue, on pouvait s'entretuer. Mais lui il avait sa maison, son refuge, où il était le propriétaire, où l'on pouvait vivre en paix, où tout était à sa place, où il était respecté. La seule chose qui le désespérait était l'insomnie. Il était déjà quatre heures du matin. La brume s'épaississait. Un lourd silence tombait sur Buenos Aires."
Germán Rozenmacher, Cabecita Negra, 1962.
/// Viejos demonios de la clase media
"Y entonces todo lo que había hecho en la vida había sido para que lo llamaran "señor". Y entonces juntó dinero y puso una ferretería.  Se vivía una sola vez y no le había ido tan mal. No señor. Ahí afuera, en la calle, podían estar matándose. Pero él tenía su casa, su refugio, donde era el dueño, donde se podía vivir en paz, donde todo estaba en su lugar, donde lo respetaban. Lo único que lo desesperaba era ese insomnio. Dieron las cuatro de la mañana. La niebla era más espesa. Un silencio pesado había caido sobre Buenos Aires."
Germán Rozenmacher, Cabecita Negra, 1962.

samedi 20 décembre 2014

Half Man dans mon cahier

D'un bout à l'autre de mon cahier de Rien, Half Man marche, ne perd pas son temps, il épuisse les distances, sème le destin, cherche un moyen, ou une carte, ou une étendue lisse qui le mène quelque part, ou une autre moitié, avec qui parler cette langue qu'il semble être le seul à parler.
///De una punta a otra de mi cuaderno de Nada, Half Man camina, no pierde tiempo, agota distancias, esquiva el destino, busca una manera, o un mapa, o una extensión lisa que lo lleve a alguna parte, o su otra mitad, con la cual hablar ese idioma que él parece ser el único a hablar.



lundi 27 octobre 2014

L'apprenti et le Maître /// El aprendíz y el maestro



Les illustrateurs, les dessinateurs de presse et de bande dessiné sont les seuls artistes, à ma connaissance, à assumer la copie comme un apprentissage, à revendiquer publiquement la copie et même le plagiat, comme moyens légitimes de se forger un style propre. Voyez sinon Georg Grosz:

"Je venais de découvrir l'œuvre de Wilhelm Busch, et cela devint aussitôt une véritable passion. Dans l'espace d'une seule nuit, sans interruption, je copiai toute l'histoire de Silène et des nymphes, jusqu'à ce que le porte-plume m'en tombât littéralement des mains.
Dans les albums reliés des Fliegenden Blätter, [...] je copiai principalement les œuvres d'Adolf Hengeler. Avec une persévérance à toute épreuve, je m'appliquai à reproduire trait pour trait mon modèle, poussant le goût du détail jusqu'à restituer la texture du bois qui avait servi de support à la gravure. [...] Un jour j'imitais Grützner, le lendemain je suivais les traces d'un peintre de batailles."
George Grosz, Un petit oui et un grand non, 1955.
 .
/// Los ilustradores, los dibujantes de prensa o de historieta, son los únicos artistas, que yo sepa, a asumir la copia como un aprendizaje, a reivindicar publicamente la copia y hasta el plagio como medios legítimos de forjarse un estilo propio. Vean sino Georg Grosz:

"Yo acababa de descubrir la obra de Wilhelm Busch, y eso también se volvió una verdadera pasión. En una sola noche, sin interrupciones, copié toda la historia de Sileno y de las ninfas, hasta que el porta-plumas se me cayera literalmente de las manos.
En los álbumes encuadernados de los Fliegenden Blätter, [...] copiaba principalmente las obras de Adolf Hengeler. Con una perseverancia a toda prueba, me aplicaba a reproducir trazo por trazo mi modelo, llevando el gusto por el detalle hasta restituír la textura de la madera que había servido de soporte al grabado. [...] Un día imitaba a Grützner, al otro día seguía el camino de un pintor de batallas."
George Grosz, Un sí pequeño y un gran no, 1955.

lundi 20 octobre 2014

Fils prodigue, ou apprenti artiste?


Le dessin qui m'inspira celui du Monde sur les économistes. Et pourtant j'y voyais plutôt une variation du Fils Prodigue, un apprenti artiste mendiant auprès d'un maître.
On se rapproche des artistes qu'on admire pour apprendre ou pour être contaminés par eux, mais pour leur prendre un peu d'énergie aussi, pour les fatiguer, pour les ralentir, et croire qu'ainsi on les met à notre portée. Et finalement, pour éprouver un moment le sentiment d'appartenance, à une famille, pour croire à l'idée même d'une famille.

"Je pense parfois n'éprouver aucun sentiment, que je ne suis artiste que par comédie et que mon mépris de tout le reste, de tout ce qui me paraît petit et stupide, n'est qu'une nécessité pour m'imprégner de mon rôle."
Max Beckmann, Journal, août 1903.

/// El dibujo que me inspiró el de Le Monde sobre los economistas. Y sin embargo esto me hacía pensar a la parábola del Hijo Pródigo, à un aprendíz artista mendigando a su maestro.
Nos acercamos a los artistas que admiramos para aprender o para que nos contaminen, pero también para sacarles algo de energía, para cansarlos, para retrasarlos y creér que así los tenemos a nuestro alcance. Y finalmente, para probar el sentimiento de pertenecer, a una familia, para creer en la idea misma de una familia.
"A veces creo ser totalmente insensible, que solamente actúo de artista y que mi desprecio de todo lo demás, de todo lo que me parece pequeño y estúpido, no es más que una necesidad para impregnarme de mi personaje".
Max Beckmann, Diario, agosto de 1903.



jeudi 7 août 2014

Grueyel


Un dessin (au stylo bille) pour un projet en cours. Le dessin devait s'inspirer de Bruegel, mais s'est mis plutôt à imiter Goya...Un résultat grueyelesque!
/// Dibujo (con fibra) para un proyecto en curso, que debia inspirarse en Bruegel pero se fué para el lado de Goya ...Un resultado grueyelesco!

samedi 12 juillet 2014

Cahiers un rien sportifs


(Dans les cahiers de rien) il y a une ville ou l'on peut courir en restant assis, où l'on se moque de ceux qui s'agitent sans raison ni direction, mais de ceux qui restent sûr d'eux aussi, empêtrés dans leur chaises.
/// (En los cuadernos de nada) hay una ciudad donde se puede correr quedándose sentado, donde burlarse de los que se mueven sin razón ni dirección, pero de los que se quedan seguros de sí mismos en sus sillas también.

lundi 7 juillet 2014

Le cahiers de rien, encore et toujours


Je ne sais pourquoi ces dessins m'ont fait penser à la "Description d'un combat" de Kafka, surtout le gros éléphant ci-dessous, qui me rappela le "naufrage de l'obèse".
Je suis pour le moment un petit, un tout petit homme...Je roule..., je roule, avalanche dans la montagne! De grâce, passants, ayez la bonté de me dire quelle est ma taille, il vous suffit de mesurer ces bras, ces jambes..., de grâce!
///No sé porqué estos dibujitos me hicieron pensar en la "Descripción de una lucha" de Kafka, sobre todo el elefante de aqui abajo, que me recordó el "hundimiento del gordo".
Soy pequeño, pequeño ahora...Ruedo..., ruedo, soy un alud en la montaña. Se los ruego, ustedes que pasan, sean amables y díganme cuan grande soy, les basta con medir estos brazos, estas piernas...se los ruego!


mercredi 25 juin 2014

Dans les cahiers de rien...

Half a man's still a man (L'étranger a trouvé sa devise), et une énième variation autour de cette chambre kafkaïenne, tout cela (et plus encore) dans les cahiers de rien, qui s'entassent par dizaines dans les moindres recoins de mon atelier.
/// Half a man still a man, el lema que ha adoptado el "extranjero", y una nueva varación alrededor de esta habitación kafkiana, todo eso y mucho más en los cuadernos de nada, que se juntan por decenas en los recovecos de mi taller.


mardi 20 mai 2014

Quelle tête êtes-vous?


"Une tête bien faite est une tête qui cherche les défauts et une tête exceptionnelle est une tête qui découvre ces défauts et une tête géniale est une tête qui, après les avoir trouvés, attire l'attention sur ces défauts découverts et, avec tous les moyens dont elle dispose, désigne ces défauts. […] La tête doit être une tête chercheuse, une tête chercheuse de défauts, de défauts humains, une tête chercheuse de l'échec."
Thomas Bernard, Maîtres anciens.
/// "Una cabeza bien hecha es una cabeza que busca los defectos humanos y una cabeza excepcional es una cabeza que descubre esos defectos y una cabeza genial es una cabeza que, luego de encontrarlos, llama la atención sobre esos defectos y, con todos los medios de los que dispone, designa esos defectos. […] La cabeza debe ser una cabeza buscadora, una cabeza buscadora de defectos, de defectos humanos, una cabeza buscadora del fracaso. "
Thomas Bernard, Maestros antiguos.
Por una cabeza... ¿Y, entonces, qué cabeza es usted ?

 


jeudi 8 mai 2014

Les petits carnets


1. Dans les petits carnets: Le personnage à la recherche d'épaisseur (épaisseur vantée par les autochtones, qui n'ont pas eu à la conquérir). Il n'a pas été amputé: une partie de lui-même n'est parfois simplement pas visible.
Par transparence, à gauche, c'est une copie d'un Francis Bacon qu'essaie de rester visible.


2.  Plus qu'un auteur, le personnage cherche une histoire. Mais le même sort le poursuit partout: on éteint quand il arrive, on part, on abandonne, on met un cadenas et on ferme, ou pire: on se remémore ces instants qu'il vient juste de manquer.

 3.  Vertical Thinking: On abandonne le personnage à notre tour pour rendre hommage à William Kentridge, à ses machines à dessin (contemporain) et ses théâtres mécaniques et sensibles. Kentridge est un moteur à idées, un déclencheur d'enthousiasmes variés. J'ai posté pas mal de choses de lui dans mon blog Troesmas.


4.  Dans les petits carnets, Francis Bacon côtoie la "femme âgée" de Memling, qui semble d'ailleurs plus vieille encore, aigrie et myope. J'ai beau lui dire qu'elle garde pour moi toute sa mystérieuse beauté (un tantinet pieuse), elle est plus mélancolique que jamais. Un touriste américain passe cinq ou six secondes à la mitrailler avec un téléphone qui sait imiter le son des vieux appareils photographiques. Il ne s'était même pas encore arrêté qu'il tirait déjà. — Tu vois? me dit-elle. Oui, je comprends notre situation.
Les petits carnets: un joli trou où cacher sa tête. De petits cahiers de rien: à peine une autre manière d'être paresseux.

/// 1. En los cuadernitos: aquel personaje busca algo de espesor (espesor celebrado por los autóctonos, que no tuvieron que conquistarlo). No lo han amputado: a veces simplemente una parte suya no se vé. 
2.  Más que un autor, el personaje busca una historia. Pero la misma suerte lo persigue donde vaya: cuando llega apagan la luz, se van, abandonan, ponen un candado y cierran, o peor: rememoran esos instantes que acaba de perderse.
3.  Vertical Thinking: nosotros también abandonamos al personaje en cuestión para dedicarle un homenaje a William Kentridge, a sus máquinas de dibujo (contemporáneo) y a sus teatros mecánicos y sensibles. Kentridge es un motor de ideas, un disparador de entusiasmos varios. En mi blog Troesmas he colgado varias cosas suyas. 
4.  En los cuadernitos, Francis Bacon se codea con la "mujer madura" de Memling, que parece todavía más vieja, amargada y miope. Aunque le digo que conserva toda su misteriosa belleza (un tantito piadosa), ella está cada día más melancólica. Un turista norteamericano pasa cinco o seis segundos ametrallándola con un teléfono que sabe imitar el ruido de las viejas cámaras fotográficas. Todavía no se había detenido frente a ella que ya estaba disparando. — ¿Ves? me dice ella. Si, comprendo nuestra situación.
Los cuadernitos: un lindo agujero donde esconder la cabeza. Cuadernitos de nada: apenas otra manera de ser vago.

dimanche 2 mars 2014

Des gens très seuls II / Gente muy sola II


Landon Lema,
The hungarian Bing Crosby



Jonathan Longoria,
The inventor of the romantic-punk song



Truls Lolar,
Subscribed to villain roles 

vendredi 3 janvier 2014

Rapport sur les carnets, I

J'ai fait ce dessin il y a quelques mois à Buenos Aires, sur la table d'un grand dessinateur argentin. Chaque table à dessin est l'extension du dessinateur lui-même, de sa manière de travailler, de ses manies, un lieu où l'on peut s'arrêter quelques instants, mais où l'on se sent toujours un peu étranger. /// Hice este dibujo en Buenos Aires hace unos meses, sobre el tablero de un maestro del barrio de Caballito. Cada tablero es la extensión del dibujante mismo, de su modo de trabajar, de sus manías, un lugar en el que uno se puede para un rato, pero donde se siente siempre un poco extranjero.

À gauche, "26 singes et un dompteur". À droite, l'Idéegraph, un système que je croyais avoir inventé, afin de fixer dans la mémoire certaines formes et idées graphiques. Il existait déjà, d'autres dessinateurs s'en servent, et il ne marche pas très bien. /// A la izquierda, "26 monos y un domador". A la derecha, el Idegraf, un sistema que yo creía haber inventado, para fijar en la memoria algunas formas e ideas gráficas. Ya existía, otros dibujantes lo usaban, y no funciona muy bien.

La preuve de l'Idéegraph par l'image: j'aurais du retenir cette "forme-idée graphique". Quoi? —Excusez ma confusion messieurs dames. /// La prueba del Idegraf en imágenes: yo debería haber retenido esta "forma-idea gráfica". Qué? —Perdonen mi confusión señoras y señores.

Rien d'aussi excitant que le rouge et le noir sur un papier blanc. Cette veine affirmation achève pour l'instant ce Rapport. /// Nada más exitante que el rojo y el negro sobre un papel blanco. Con esa vana afirmación se termina este primer Informe sobre Cuadernos.

samedi 28 décembre 2013

Arrive ou s'en va en marche arrière?


L'étranger ne sait pas à quelle distance se mettre de son étrangeté, ni de l'étrangeté des autres.
—Apprendre une langue, c'est comme manger du poisson, prétend-il. Il y a de petites arêtes jusqu'à la fin.
Enfin, l'étranger vous salue pour les fêtes de fin d'année (à sa manière, bien sûr: en s'en allant vers le passé).
/// El extranjero no sabe a qué distancia ponerse de su propia extranjería, ni de la de los otros.
 —Aprender un idioma, es como comer pescado, pretende él. Hay pequeñas espinas hasta el final.
Enfin, el extranjero los saluda para las fiestas de fin de año (a su manera, claro: yéndose hacia el pasado.)

mardi 2 juillet 2013

Encore de la nostalgie

Nostalgie de l'épaisseur (nocturne). Eau-forte et aquatinte sur zinc, 10x15cm, 2013. La série (presque) complète, chez Citron